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Récits > ASIE > Inde 2010

Notre carnet de voyage

Jour après jour



Chennai et Mahalabipura
Madras et temples monolithes sur la côte Est

Ecrit le jeudi. On commence à émerger et à s'adapter à la vie locale après une nuit blanche et le choc des lieux. Mais commençons par le commencement.


Nous sommes arrivés mercredi 3 novembre matin à Chennai (anciennement appelée Madras), épuisés d'une nuit passée entre aéroport et avions.  

Ce n'est rien de dire que l'aéroport de Chennai (rudimentaire) est un choc après l'escale à l'aéroport de Dubai (luxueux). Ni l'un ni l'autre ne se rapproche de notre monde. A peine sortie de l'aéroport, nous avons l'impression d'être projetés au beau milieu d'une horde d'indiens, c'est la loi du plus fort, du chacun pour soit. Nous ne perdons pas de temps et nous prenons un taxi prépaid pour la gare routière. Il fait une chaleur moite, le taxi n'a pas la clim. Il s'engouffre et joue des "coudes" dans la circulation à coup de klaxon ! Respirons à fond les pots d'échappement ! A première vue, tout est confus, désordonné, vieux et rafistolé.

L'état des bus à la gare n'est pas plus rassurant. On trouve le quai pour Mahalabipuram. On attend (pas longtemps) et on s'engouffre dedans. Je suis pres de la clim (enfin de la fenêtre .... sans fenêtre). Mon jeans me colle, maudit jeans, trop chaud. La tête me tourne, entre la chaleur et le bruit des klaxons, le notre ressemble à celui d'un paquebot. Le trajet nous sembla bien long, avec des bouchons interminables. Quand on quitte la ville, ce n'est que misère, saleté, qq riches maisons ou lotissements tout neufs, parfois un établissement touristique signalé au bord de la mer au milieu de rien. Des vaches, des chèvres.

Arrivés à Mahalabipuram, nous sortons précipitamment du bus sur un bord de route. Raté, la gare routière était à l'arrêt suivant. Il faut donc marcher, l'hôtel Mahabs réservé d'avance n'est pas bien loin finalement, c'est un coup de bol.

On marche au bord de la route sur la terre battue le long de boutiques, il faut éviter les poubelles et les vaches avec leur veau. Les voitures qui nous frolent soulèvent la poussière, Il fait moite, ça colle, vite vite c'est quand qu'on arrive ! Notre hotel est au bout d'une impasse où l'on retrouve du calme. C'est un petit havre de paix, verdure et piscine. A notre montre, il est midi mais on nous donne notre chambre alors que le check in est normalement à 13h. On reprend un peu de force sous la douche, juste de quoi boire et manger au bord de la piscine. Après une bonne sieste qui s'impose, à 15h30 nous décidons de nous balader en ville pour profiter de la fin de journée. Le temps est couvert mais il fait chaud, en tongs et pantacourt, nos pieds foulent la misère et la saleté. Je ne me sens pas vraiment à mon aise. Maisons colorées, rues en terre, pas de touristes. Et la nuit tombe ! Bing, d'un coup, à 16h30 à la montre, phobie d'attaques de moustiques. On aperçoit la plage, peu engageante mais avec de beaux bateaux de pêcheurs et des chiens errants. Après un retour rapide à l'hotel pour se changer, on repart à l'exploration ! Cette fois, baskets aux pieds, je me sens bien protégée.

On choisi un poisson dans un resto au bord de mer, le "Sea Rock", 600rp (certainement trop cher) mais c'était bon. Les petits marchands d'antiquités, de vêtements, tapis, bijoux sont de sortie, on s'attarde un peu mais le sommeil est fort.


Le jeudi 4 novembre : on se réveille au son des pétards (!!#!). On loue des vélos. Au fait, nous avons enfin la bonne heure à notre montre ! Nous avions 1:30 de retard, donc hier nous sommes sortis après la sieste à 17h30 et la nuit tombe à 18h. Il est 17h54 en France alors qu'ici il est 18h15, bizarre ... On a vraiment perdu tous nos repères.

En tout cas, maintenant nous sommes calés.

Panique à vélo, de quel coté il faut rouler ? Ici la conduite est à l'anglaise, mais les indiens roulent n'importent ou. Repères complètement perdus là aussi.

Mais on s'habitue à tout. Même à la saleté, finalement ça nous semble moins sale et les odeurs moins fortes. Il reste toujours ces vaches en ville, libres, pourquoi ne vont-elles pas dans les champs à proximité ? Elle lèche les affiches. En fait, elle cherche le gout du sel dans la colle. Pauvre animal sacré, ne serait-elle pas mieux dans les alpages, même si c'est pour finir en steak. On croise des chiens misérables, et nous sommes sollicités par des petits vendeurs de cartes postales, des liliputiens, une vieille dame lepreuse. Le pétards redoublent, demain c'est la grosse fête apparemment !

La journée, nous visitons le beau site des 5 ratha***, énormes monolithes qui servent de temples aux dieux indous, et au rocher en équilibre qui sert de trone pour Krishna.

Super soirée au resto, ambiance baba-cool et un bon thali. Suivi d'un massage ayurvédique, moins bien, huile rance, vieille serviette déjà utilisée. Nous avons courru à l'hotel pour prendre une douche ... ça craint.

L'hotel est plaisant et le personnel très gentil, ça va être difficile de partir.



Pondichery, Madurai, et Tanjore
ancien comptoir français et temples multicolores

Vendredi 5 novembre : c'est la fête des pétards depuis hier mais aujourd'hui les indous se retrouvent en famille, ils s'habillent avec leurs beaux vêtements, ils vont au temple, mangent et boivent tous ensemble. 

HAPPY DEEPAVALI,
festival des lumières !!
C'est une bonne idée de prendre le bus local bondé ce jour là. Et oui, ça sent bon sous les aisselles ce matin ! On a réussi à chopper le bus sur la route principale, au début nous sommes debout dans le couloir puis 1/2h après nous sommes recroquevillés entre 2 sièges étroits et nos énormes sacs. Le balancement du bus nous berce.
Arrivée à Pondichery. C'est beaucoup + grand, donc il y a beaucoup + d'ordures dans les rues. Le rickshaw nous balade dans la ville car il ne trouve pas l'adresse de l'association que nous a donnée Aleksandra. Coût : 160rp (au lieu de 80rp). L'accueil de Elisabeth, une jeune indienne chrétienne, est très chaleureux. La maison est jolie, perdue au fond d'une impasse de terre battue. On ne risquait pas de trouver. Alors aujourd'hui c'est DEEPAVALI, les magasins et les resto sont fermés. On trouve quand même dans le cafouillis d'une rue un snack indien, mon dieu ! Un plateau à compartiment avec différentes textures dedans, riz et galette, un thali mais c’est bien sur ! Pas de fourchette, autour de nous, les indiens trempent la main dans le riz et les sauces. 
Bord de mer très animé, happy Deepavali ! L'avenue Goubert***, lieu de promenade des locaux le long de l'océan indien est très animé, ça défile, ça mange, ça jette les emballages au sol, pauvre malecon. Enfin c'est l'idéal pour prendre de belles photos des femmes et des enfants qui sont fiers de prendre la pose dans leur + beau vêtement et leur + belle parure.


Ecrit le dimanche 7 novembre : Par quoi je commence ? La bonne ou la mauvaise nouvelle ? Sale journée quand même (dans tous les sens du mot) la mauvaise : comme ça c'est fait : j'ai perdu l'appareil photo et je me sens misérable. Ou ? Dans la voiture qui nous a amenée de Pondichery à Tanjore ? Nous avions opté pour la facilité au lieu de longs trajets en bus. Départ 7h30, nous avons pu faire 2 stops pour visiter des temples, et nous sommes arrivés à 13h (cout : 2400rp = 44€) 
La bonne nouvelle : nous sommes en vie ! Il a plu durant tout le trajet, les indiens conduisent comme des malades, ils doublent n’ importe où à coup de klaxon et en forçant le passage à tout prix alors que la route est toujours encombrée de personnes, d'animaux, de 2 roues et de bus. Bon, nous avons quand même écrasé un pauvre chevreau en traversant un village, et notre chauffeur s'est enfuit à toute vitesse. Il roulait pépère mais là, on aurait dit qu'il avait le diable aux trousses. 
Avant de quitter Elisabeth, la veille nous avons rencontré des françaises à l’association qui nous ont donné de bonnes adresses pour la suite, c’est sympa ces échanges. On a bavardé une bonne partie de la soirée. Elles seront importantes dans la suite de l’histoire.
Notre chère Elisabeth nous a donné un pot de curry fait maison. Nous emportons un peu d’elle avec nous. Là aussi un grand partage, elle s’est beaucoup occupée de nous, elle nous a souvent offert le thé indien au lait, le chai, vraiment excellent. J’ai voulu l’aider à faire la cuisine le soir ou nous avons diner avec elle (et piquer les recettes J mais tout était déjà prêt : soupe épicée, genre bouillon, masala de poulet et galette (farine de lentilles fermentées), le dosa , que nous avons quand même fait cuire sur une grande plaque en métal légèrement incurvée à l’intérieur, posée sur le gaz. Nous nous sommes régalés. Et puis, la cuisine est nickel, propre, rangée, ça fait du bien.
Elle nous a aussi loué son scooter pour nous rendre dans un hôtel de luxe afin de profiter de la plage sur l’océan. Quelle aventure !! Il faut être super attentif à tout ce qui bouge, ne pas écraser et ne pas se faire écraser. Evidemment sans casque… La mer était agitée, personne ne se baignait et d’ailleurs il y avait quasiment personne sur la plage. Nous sommes restés sagement face au spectacle de l’océan.
Au retour, Elisabeth nous a emmenés, tous les 3 sur le scoot. au marché en centre ville***. On a bien rigolé même si c’était toujours aussi fou ! On a même perdu Luc un court instant, j’ai cru qu’on me l’avait enlevé. C’était à un carrefour surveillé par un policier que Elisabeth lui a demandé de descendre du scooter et de traverser à pied pour ne pas risquer l’amende (car 2 blancs avec une indienne = bcp d’argent – corruption – etc) .
Nous commençons par l’odorant marché aux fleurs, pétales de fleurs, confection de guirlandes et de colliers … Tiens un ornement pour mariés, une photo de Sandrine avec, indice sur notre futur projet …
Je me suis achetée une tenue traditionnelle très agréable à porter, pantalon ample et tunique assortie pour 400rp (7€). Dans les allées, on marche sur une épaisseur de pourriture et de détritus, je ne peux même pas décrire l’odeur insupportable coté poissons …
Ensuite nous avons parcouru les rues de l'ancien quartier français de Pondichery***, petit quartier encore propre, avec de belles demeures  avec jardinet, et surtout peu de circulation. Un vrai bonheur pour reposer nos sens. On imagine encore bien la vie privilégiée des colons. Et passage au temple de manukula vinayagar** pour regarder les pélerins se faire bénir par la trompe de l'éléphant (qui soit-disant en passant la trempe généreusement dans son pipi avant !! ça nous a passé l'envie de faire pareil)
 
A Tanjore, Hôtel Tamil Nadul : je confirme c’est sale. Salle de bain non nettoyée, traces noires sur les murs, draps douteux. La façade est belle mais trompeuse. Heureusement que j’ai mes tongs pour la douche et le sac à viande pour dépasser tout ça. Il y a quand même la TV, elle nous achève car nous n’avons pas trouvé de bars sympas, ou de trottoirs sympas pour se balader et finir la soirée. Heureusement nous sommes tombés sur certainement le seul bon resto de la ville car il y avait la queue.
Autre épreuve de cette « sale journée » dont je parlais + haut, je rappelle qu’il a plu toute la journée alors que nous avions prévu la visite de 3 temples sur la route.  Il faut toujours quitter ses chaussures pour les visiter, jusque là nous avions l’habitude en Thaïlande. Mais à la différence qu’il faut vraiment les quitter à l’enceinte de celui-ci. Il faut alors traverser les cours pieds-nus, dans les flaques d’eau, la boue, et j’en passe… Pour moi, c’est une véritable épreuve, mes petits petons tout blancs sont en difficultés. Surtout qu’au final, nous rentrons avec des pieds sales à l’intérieur des temples et que l’on souille vraiment tous les sols.
Dans ces conditions, nous visitons le superbe fort et temple de brihadishwara*** en pierre "rose", avec ses cours, ses esplanades et ses différents batîments. La visite se fait beaucoup en famille et c'est l'occasion de faire des photos de groupe. C'est drôle comme ils aiment bien aussi nous prendre en photo, nous sommes paparazziés ! 
 
Lundi 8 novembre : 4h de bus pour Madurai, de 10h à 14h, notre chauffeur roule tranquillement c’est déjà ça. C’est long mais safety. Madurai est une grande ville. On retrouve les concerts de klaxons et la pollution. Mais au moins, on devrait trouver tout ce qu’il nous faut pour nous, touristes.
Hôtel YMCA réservé et très bien placé, prés du temple et correct. Enfin à part au début, alors que notre chambre avait la fenêtre ouverte sur une petite impasse ou tournait à fond un générateur électrique à pétrole en crachant une fumée de pot d’échappement d’un poids lourd. Mal de tête direct, il a fallu aérer la pièce pour que l’air soit de nouveau respirable.
La visite du grand temple de Mînâkshî**** est vraiment chouette, sauf qu’encore une fois, il faut quitter les chaussures et même les chaussettes sont interdites ! Je les maudis pour ça.
blanc
   
Recette
Poulet au curry

6-7 oignons rouges haché
100g de gingembre frais haché
100g ail haché
3 piments verts coupés en 4
Verser de l'huile dans une cocotte, quand elle est bien chaude, ajouter le gingembre ail piment faire cuire, puis les oignons. Puis ajouter 2 cuil Curcuma + 3 cuil coriandre en poudre + 2 cuil masala + anis en grain + petite cuil chili rouge . Mélanger puis ajouter le poulet, saler et recouvrir d'eau chaude.
35mn de cuisson
Ajouter 2 ou 3 tomates coupées en morceau + 1 cuil de mazena.
Recette
Poulet/Poisson Kurumat

dans une poële : huile + cumin en graine pour le faire revenir. Puis ajouter 1 ou 2 gousses d'ail + gingembre en petit morceau + petite cuillère de Curcuma
Mettre le poulet (ou le poisson) bien mélanger, ajouter la 1/2 coco rapé (qui a été préalablement mélangée avec de l'eau)
Ajouter 1 chili vert coupé en 4 + 1 ou 2 tomates
Varkala plage
Village côte ouest accroché à la falaise


Mardi 9 novembre : Etrange, les rues sont désertes, il n’y a pas un bruit… Ha c’est normal, il est 3 :30 du mat.  Chargés de nos gros sacs à dos, on cherche désespérément un rickshaw pour nous emmener à la gare … moment de solitude en Inde (trop fort !)

Le train démarre à 4h. On en réveille un premier, il semble shooté et pas décidé à démarrer. On en réveille un autre, bcp + réactif, son petit garçon dort comme un ange dans le petit porte bagage. Bichette.
Le parvis de la gare est recouvert de gens qui dorment à même le sol, homme, femme, enfant, jeune, vieux, agents de sécurité. Un immense dortoir parterre.
Nous prenons le train couchette pour finir notre nuit, j’ai bien dormi, j’y aurais bien passé la nuit entière bercée par le mouvement du train. Il est plutôt confortable. Si le bus allait à 30km/h, le train va encore moins vite ! ça nous laisse tout le temps de profiter du paysage. C’est magnifique, on voit des champs de bananiers charnus bien alignés, des carrés de rizières en premier plan, avec des bœufs et le paysan qui creusent des sillons, ou des femmes pliées en deux qui trient les plants dans l’eau. Au fonds, des cocotiers et + loin encore des montagnes imposantes. La terre est rouge et les termitières ressemblent à des cathédrales. Parfois, des maisons de béton ultra colorées : violet, vert pomme, bleu ciel, jaune profond. J’ai l’impression qu’il y a moins de sachets et d’emballages plastique qui trainent. Dans la plaine, plus d’une centaine d’éoliennes tournent doucement et en cadence leurs pales. Cultures, fabriques de briques, tout semble bien rangé sous le soleil du matin. Nous avons même vue des animaux parqués ! De grands fours rouges hauts de 2 ou 3 étages se dressent dans les cours, on dirait des tours moyenâgeuses. On voit encore des villages de maisons en toit de « chaume » et de murs en feuilles tressées. Puis viennent des zones de marécages recouverts de nénuphars et de leurs fleurs roses.
On arrive à Trivandrum avec 1 heure de retard, heureusement la correspondance était à + de 2h. Aux gares, les indiens portent des chaussures. On a le temps de manger dans une cantine l’habituel thali, le moins cher de tout notre voyage, seulement 22rp (soit 0.40€) mais c’était une sacrée bouillie, il fallait avoir l’estomac bien accroché. Il y a un bureau de renseignement pour touriste qui nous donne le quai du train. Heureusement, car je ne sais pas comment on aurait trouvé tout seul.
Encore 40 mn de train et nous arrivons enfin au paradis à Varkala****. J’ai hâte, il y en a marre de toute cette crasse.
La maison du Kerala est tenue par une française c’est une maison plutôt simple vue d’extérieure mais super clean dedans, et nous avons la chance d’avoir la chambre de Ganesh, toute rose au ré de chaussée. On revit, salle de bain propre, lit propre. Le toit terrasse sert de grande salle à manger aérée à l’ombre des tentures. On fait la connaissance de Nicolas et Maëlis qui voyagent pour 7 mois autour du monde. Par de petits chemins de terre et en passant entre les villas toutes neuves, on arrive sur la falaise (appelée ici le cliff) bordée d’un côté par l’océan et de l’autre par des resto sympas, des bars et des boutiques. Le paradis des touristes, beaucoup moins typique mais tellement rassurant.
Nous profitons des bons petits plats cuisinés par Chibou et de petits déjeuners à l’occidentale, quel plaisir. Nous faisons de grandes tablées, nous échangeons nos expériences, c’est vraiment sympa, d’autant + que tout le monde parle français. Nous comprenons enfin les conversations.
Il n’y a plus qu’à se laisser vivre, grasse mat, promenades, lectures, mais peu de bain de mer. Et oui, la plage est très étroite à cette époque de l’année, la mer est haute et les vagues plutôt dangereuses avec des courants très forts. Le sable est noir. C’est étrange. Les aigles pécheurs tournent au dessus des flots et parfois plongent pour attraper un poisson. Il parait que l’on peut voir aussi des dauphins. A chaque fois que nous allons à la plage, le ciel se couvre et il pleut. On avait peur des coups de soleil mais finalement on ne risque rien. On est toujours tout blancs. Pas de plage, alors shopping, j’ai acheté un pantalon ali baba comme ils disent. Je suis trop bien dedans.
 
Jeudi 11 novembre : Ce matin réveil brutal, précipité pour aller voir les bateaux de pêcheurs de retour à 7h normalement. Bel effort mais aujourd’hui ils sont restés au village. Matinée pluvieuse et puis finalement le soleil réapparait. On a rendez-vous à 13h pour découvrir la médecine ayurvédique. Nous rencontrons le docteur. Il prend notre poul, pose qq questions et déclare pour chacun :
Je suis + pitta (feu) et – vata (air)
Luc est + vata (air) et – Kapha (eau ou terre)
Pour moi, il propose des séances de 1h45 de massage + kiri (tampon chaud de plantes passé sur tout le corps) + des sortes de cataplasmes de plantes aussi à laisser 1/2h sur l’hernie.
3 séances = 5400rp (100€ !) Il faudrait pour un traitement efficace le faire pendant 10jrs et alors l’hernie peut se rétracter.
On choisit simplement le massage 1h=600rp. Ce devrait déjà être bien.
 
On perd la notion des jours et on se laisse simplement porter par le rythme des repas, volontairement, histoire de vraiment décompresser.
Hier soir, nous avons joué au billard indien après le repas, au menu un butterfish géant. On a bien rigolé, il faut jouer avec les doigts comme pour les billes mais avec des jetons.
 
Voilà plusieurs jours que nous ne donnons plus de news sur internet, on hésite avec toutes les histoires de piratage que l’on entend. Encore aujourd’hui, Maëlis raconte que son mail avait été piraté et du coup son FB effacé, son blog effacé avec des conneries à la place.
Il fait encore couvert, alors promenade jusqu’au temple car nous sommes invités au 1er anniversaire  d’une petite indoue, caste des guerriers, le haut du panier. Elle est mignonne comme tout, elle est couverte de bijoux en argent autour des chevilles, en or aux 2 poignets, petit collier de perles et en plus une chainette autour de la taille à même la peau. Sa maman semble très douce mais discrète et timide, elle ne parle ni anglais ni français pourtant elle a fait de hautes études, elle a un master yoga et méditation.
Le papa est un sacré numéro, il s’appelle Vélou, il parle français ce qui nous permet de multiplier les échanges. Il est toujours plein de vie et de joie, il aime parler de son pays et de ses croyances. Il est un des hôtes de la maison de Varkala comme nous. Donc, il faut que l’on trouve un présent pour ce soir, ballons, banderoles, cotillons, el papa est très fier et il a pensé à tout. Pourtant les filles ne sont pas toujours bien acceptées dans les familles indiennes, car = dotes, très grosse dote qui souvent ruine la famille. Il  a une très grosse mortalité des bébés filles d’ailleurs. Le repas est animé et Vélou se demande comment on peut choisir sa femme. Il pose des questions à Luc. Il nus raconte comment sa femme a été choisie par sa mère et toute la famille, comment il a fait sa connaissance le jour du mariage, et comment le drap a été contrôlé après la nuit de noce.
 
Vendredi 12 novembre : un peu couvert ce matin alors on part marcher coté Nord de long de la cpte sous la cocoteraie. La falaise faite uniquement de terre se fait grignoter par le temps et des morceaux s’affaissent. Nous constatons toujours le même laissé allé avec les déchets plastiques éparpillés. En fait, il n’y a pas de service de ramassage. Notre hôtesse française a essayé de le mettre en place à Varkala mais difficile de changer les habitudes, puis une fois qu’elle a réussi à organiser des collectes, elle s’est heurtée définitivement à l’impossibilité de traiter les déchets. Le soleil est de sortie et immédiatement il nous plombe. Sans eau, nous décidons de faire demi-tour jusqu’à la plage pour se réhydrater et puis manger un bout sur la terrasse de notre restaurant préféré « le clafouti ». Enfin, sieste sur la plage de sable noir.
 
Dimanche 14 novembre : Rebelote, promenade le matin coté Sud cette fois, nous avons pu faire qq bonnes photos sous un soleil toujours chaud, visite du temple enroulé dans notre drap de plage histoire de faire sauna, enfin, surtout pour respecter leurs coutumes. Les indiennes portent les saris blancs avec une seule bande colorée sur le coté, on dirait des toges de romains. Sur la plage, nous assistons à une étrange procession vers la mer : le premier porte le feu dans une feuille de bananier au dessus de sa tête et les autres hommes et femmes suivent à la queue leu-leu  avec une feuille et des offrandes tenues aussi au dessus de leur tête. Arrivée au bord de l’eau, chacun jette son offrande. Une vague + grosse que les autres se brise sur leurs jambes les faisant chanceler, un homme tombe à genoux, les offrandes s’éparpillent autour d’eux et sur le sable. Le jeté d’offrandes semble raté mais ils sont tous très joyeux, ils rigolent et félicitent l’homme entièrement mouillé d’avoir « survécu ».
Plage, pluie, plage, pluie. Alors resto au Sea Queen après un lassi au Hungry Eye Kitchen pour regarder le coucher de soleil. Ventrée de grosses gambas fraiches et brochettes de marlin en tandori (four). Miam !
 
Lundi 15 novembre : Action ! Départ pour Quilon, parcourir en barque les jardins d'eden indiens, Patricia nous accompagne.
Sur la route, nous constatons qu’il y a de nombreuses églises, ou les paroissiens chantent le gospel le dimanche. Elles sont très colorées, soit verte, soit rose, enfin c’est drôle. Se suit une série de mosquée mais nous ne voyons pas spécialement de femmes voilées dans les villages. Sur les murs le long de la route, on peut voir le marteau et la faucille communiste ainsi qu’une main, symbole d’un partie politique.
Silencieusement, on glisse dans les canaux, on se baisse pour passer sous de petits ponts, les cocotiers se penchent au dessus de nous, on chasse le bleu martin pêcheur  ou le milan sacré du regard, les cormorans noirs nous suivent, c’est magique.
Nous découvrons la plante grimpante du poivre, il est vert au début, puis noir s’il est séché au soleil, sinon s’il reste sur l’arbre il murit et devient rouge. S’il est cueilli à ce stade, il est trempé dans l’eau pour devenir blanc. Voilà toute la vie en couleur du poivre ! On découvre aussi noix de cajous, l’ananas, la muscade, le gingembre, le clou de girofle dont la feuille est aussi parfumée que sa fleur.
Au détour d’un canal, on voit un groupe de femmes toutes habillées dans les canaux, l’eau jusqu’à la poitrine. Avec des bassines elles raclent le fond pour enlever la boue et la rejette sur les rives. Elles sont payées par l’état pour 140 jours de travail par an, à 150rp. Elles sont joyeuses et pataugent tout en travaillant énergiquement.
Après une belle balade au fil de l’eau ****, on s’arrête chez Vidich notre jeune guide pour manger. C’est une petite maison verte pistache en béton, il y vit avec ses parents, sa sœur. Les pièces sont toutes petites, il a même un ordi dans un coin avec accès internet.
 
Mardi 16 novembre : Petit déjeuner gastronomique comme chaque jour, profusion de fruits en jus ou en salade (banane, ananas, pomme, papaye, orange), toasts, porridge à la banane, on ne se prive pas.
Ce midi, on va « au Claf sur le Cliff » , tu viens Patricia ?? On se croirait à St trop.
Le long des boutiques « have la look » « see my shop… good price », une vrai rengaine, à chaque passage, chaque jour, les mêmes mots.
Journée tourmentée, le ciel se dégage un peu, on voit bien la différence avec les 1ers jours, la plage sous le cliff se découvre enfin, les touristes commencent à s’y baigner, la mer se retire. Nous parcourons le cliff de long en large pour faire nos derniers achats et dernières formalités : réservation par téléphone de l’hôtel à Cochin, changer de l’argent, prendre les billets de train pour aller à Alleppeys.
Le soir nous sommes invités au buffet organisé par une suisse allemande dans sa maison. Ambiance pas terrible. Dommage ça aurait pu être bien.
blanc
Croisière en "loveboat", heu House-boat ! 
             et Fort-Cochin 


Mercredi 17 novembre : Départ et voyage en train, wagon SL1, celui de la basse classe, avec fan, crasse sur les têtières, fenêtres ouvertes avec des barreaux. Ce n’est pas le pire, dans le SL2 les bancs sont en bois.

C’est un express, c’est vrai qu’il va vite, comme nos TER, on entend bien le bruit des roues sur les joints des rails. Un marchand passe avec le petit déjeuner dans des boites en alu et un petit sachet (de sauce certainement). Pas d’illusion, riz, petits légumes et piment … pas très envie à 7h du mat.
A la gare de Alleppey, notre rickshaw n’est pas là, après 1/4h et 2 appels tel on l’aperçoit quand même. Après un petit tour dans la ville bien suffisant, il nous amène au port de départ des houseboats. Je reste plutôt inquiète sur la qualité de la prestation. Nos sacs à dos n’ont pas été transférés, on nous demande pour la 2de fois ce que l’on veut manger (enfin végétarien ou non végétarien avec poisson et poulet). Notre « maison bateau » n’est pas de toute première fraicheur, mais bon … c’est l’Inde.  Ils te vendent un beau bateau à riz bien restauré sur les flyers. Nous prenons du retard sur le programme déjà midi mais nous n’avons toujours pas nos sacs, on attend.
Haaaa les sacs sont là ! Nous payons enfin notre excursion car nous avions refusé de le faire d’avance et nous montons dans notre bateau pour partir au milieu de plein d’autres bateaux-maisons. On dirait une armada partant à l’assaut d’un ennemi imaginaire. Au début, c’est intéressant, on voit la vie quotidienne le long des canaux, toilette, lessive, pêche de coquillage. Le bateau fait un tour d’un carré de rizière déjà récolté, le repas n’avait rien de très appétissant. Bref, piège à touristes, heureusement qu’avant nous avions fait la journée en barque c’était beaucoup plus beau.
A la fin de journée, on reprend un canal habité, ce qui est beaucoup + intéressant, mais la pluie revient alors le capitaine décide d’amarrer pour la nuit et il nous bâche en bleu !! On a pris peur, on a cru qu’il allait tout fermer et qu’on allait passer notre soirée love-love dans une bulle bleue. La croisière en amoureux a tourné au désastre. Trop chaud dans la chambre et le ventilo qui couinait, on n’osait pas ouvrir les fenêtres de peur que rentrent des animaux. Alors que les draps étaient plutôt douteux, nous avons préférés nous enfermer dans nos sacs à viande. Résultat au lieu d’entendre le clapoti de l’eau, et le silence de la nuit, c’était moteur du ventilo et bouchons d’oreilles, chacun de son coté.
Levée la tête embuée d’avoir si mal dormi, yeux gonflés d’une nuit blanche. Finalement c’est quasiment le même résultat qu’une nuit d’amour !
Cadeau : la lumière sur les canaux et les cocotiers est magnifique au petit matin. Petit-déj. Dans un beau cadre et déjà retour au point de départ.
Enfin je dis déjà, mais aussitôt débarqués, nous n’avions qu’une hâte, se sauver de cette ville sale et désordonnée. On a sauté dans un bus local, direction un bled sur la route de Fort Cochin pour changement … encore toute une aventure ! Mais on s’en sort plutôt bien : on saute du 1er bus sur un bord de route au signal du contrôleur et là il s’agit de trouver le 2ème bus pour Fort Cochin***.
Les flics sont plutôt sympas pour nous renseigner. Le stop est dans une autre rue. On y va, on voit 2 bus à l’arrêt, un passant nous les indique, Luc court car il est près à démarrer, j’essaye de suivre, mais courir avec un gros sac à dos, j’ai l’impression de peser une tonne. Il monte, j’y suis presque ! Je me dis, si il démarre je mets le turbo et je saute en route, j’étais prête à tout et fermement décidée à la chopper !
Et nous voilà dans un petit bus de ville à l’approche de notre hôtel. Encore un peu de marche à pied et d’orientation et nous le trouvons. Belle entrée blanche, carrelage brillant à l’italienne, notre chambre est prête, dans le petit jardin intérieur, lit propre, sol impeccable.
Ouf ! Enfin on va se poser. Bon à la douche, on se rend compte que la salle de bain est loin d’être nickel … histoire de rappeler qu’on est en Inde évidemment.
Resto le soir « oy’s… », poulet sauce honey ginger, c’est une tuerie !
Dans l’après midi, nous avons visité dans la foulée la synagogue et le palais mais il n’y a rien de bien spécial. Le palais a des peintures murales sur l’indouisme intéressantes, les plafonds sont avec des motifs en bois très jolis. A part ça, d’extérieur, ça ne ressemble à rien, un gros bâtiment décrépi. Les ruelles sont sympas quand on quitte toutes les petites boutiques pour touristes de vrais/fausses antiquités (soit disant en passant plutôt jolies). J’ai bien aimé les têtes de vaches à cornes en bois. Il y a beaucoup de patchwork, de tapis en soie, de pashmina et de jolis dessus de lit.
Passé tous ces étalages, on voit de vieilles bâtisses style hollandais ou portugais, façade décrépie, noircie, les volets en bois bleus ou verts passés, des balcons en bois de grosses portes en bois ornée de reliefs.
Une porte ouverte, on entend des femmes tousser. On jette un œil. Dans un couloir des gros ballots blancs d’épices entassées. Luc y pénètre, il voit une main au loin lui faire signe d’avancer.
Il s’agit de femmes avec un chiffon sur le nez et la bouche qui tamisent des pelletées d’épices. Des nuages de poussière se soulèvent. Luc doit s’arrêter à mi-chemin tellement l’odeur forte des épices et la poussière le prend à la gorge. Mais comment font-elles pour travailler dans de telles conditions, sans aération et dans la pénombre.
Repas excellent dans un super cadre, plafond en latte de bois, murs vieux blanc, table en marbre. Le « Caza Maria » dans une ancienne maison coloniale certainement.
 
Vendredi 19 novembre : Petit déj devant notre chambre face au jardin, joli emplacement pourtant la magie n’opère pas, le service n’est pas sympa et comme c’est un ancien couvent protestant, on n’ose pas parler fort de peur de réveiller les chambrées voisines. Que faire ? Pas trop d’idées, à part marcher dans les rues. On voit quand même la première église portugaise de Cochin Santa Cruz**. Beaucoup de bleu clair et de moulures à l’intérieur, c’est plutôt joli mais dés notre entrée, on est prévenu, si photos, voici le tronc ou laisser la monnaie.
Et puis, au bord de la mer, nous tombons sur une super scène de la vie quotidienne avec les carrelets chinois*** en action et de superbes étalages de poissons encore en train de gober l’air.
Fort Cochin est paisible, presque propre et avec encore des trottoirs. Il y a de belles maisons anciennes chargées d’histoires ou neuves et modernes.  Aussi des vieux HLM décrépis et noirs. C’est vraiment agréable. Rien à voir avec l’autre presqu’ile Ernakulam, beaucoup + dense, bruyante et bordélique. L’Inde quoi !
Nous avons pris un ferry pour nous y rendre. Visite de 2 grands centres commerciaux sur plusieurs étages de vêtements indiens : Superbes saris et veste brodée type maharaja pour les hommes. Difficile à rapporter mais les indiens s’affairent et déplient les tissus, décident en famille tous assis sur de petits fauteuils devant la vendeuse.
On rate pour la deuxième fois le show de l’art martial ici, déception.
Orage et désespoir encore ce soir nous sommes sous nos ponchos bleus et jaunes, ce qui ne nous empêchera pas de nous régaler dans un super resto chic, le « old courtyard », pour 1000 rp (18€ le repas).
 
Samedi 20 novembre : Levés tôt, à 5h40 pour quitter Cochin. J’aime bien partir, se dire que l’on va découvrir de nouvelle chose, et puis nous quittons le bord de mer pour entrer dans les terres, au cœur du pays, ça va nous changer, c’est certain. Rickshaw + ferry + rickshaw jusqu’à la gare routière. Déjà bien du mouvement et en prime, le levé de soleil bien rouge sur Cochin. Enfin j’en vois un.
4h de bus prévu, nous en ferons 4h30. Dedans, il n’y a pas foule, l’avant droit est pour les femmes. Luc se fait refouler coté gauche, mais nous sommes bien placés chacun de son coté avec vue sur la route.
On constate que Cochin est vraiment très grand, très étendu. Beaucoup de circulation et de confusion. Le seul lieu ou être bien et à conseiller à n’importe quel touriste c’est Fort Cochin !!
Après la ville interminable, on attaque la campagne avec de belles maisons, les bananiers, beaucoup de végétation luxuriante et on prend de l’altitude. On entend le moteur du bus qui râle, le chauffeur actionne le grand levier de vitesse, de temps en temps il se penche à sa fenêtre pour cracher une grande gerbe rouge de chique. Bon appétit.
On attaque une route + étroite, entourée d’arbres, une forêt tropicale avec toute sorte de palmiers, des eucalyptus, etc. On voit des exploitations de latex, tous les arbres bien alignés chacun une bâche en plastique bleu au dessus de la saignée et du petit pot qui récupère la précieuse sève.
La route ressemble à une route de montagne, il y a qq beaux virages en épingle, on continue à prendre de la hauteur.
Le paysage s’abaisse sous nos yeux, et le croisement avec les autres véhicules (bus et jeep) devient + difficile, + flippant. Heureusement je me dis, nous ne sommes pas coté ravin.
Justement un attroupement d’hommes sur la route, on se penche et on voit qq mètres plus bas, un bus qui est tombé entre les arbres ! Mon dieu… cette fois, vrai vrai stress ! Encore combien de km avant Munnar ? 40km ! On croise les doigts, je retiens ma respiration. On voit 2 énormes cascades en bord de route mais notre chauffeur ne mollit pas, il garde le rythme, il ne s’arrête pas. Et puis ça devient un peu plus plat, on fait 10mn de pause en ville, on se sent tout étourdi.
Dernier tronçon … magnifique, au détour d’un virage apparait les 1er champs de thé, comme des centaines de petits coussins sur les collines. La route ne s’arrange pas pour autant, on prend une plus petite, pleine de trous, carrément étroite, on est presque arrivé. Je compte les derniers km tout en admirant le paysage magnifique de ces vallées, de ces pentes toutes exploitées par l’homme, que de travaille, elles disparaissent sous les nuages. On sent que l’air est + frais. Il est midi, il fait gris voir même pluvieux, nous arrivons « sain et sauf » à Munnar.
« John’s Cottage » est accueillant. On fait la connaissance de Ludivine et Samuel, 3 semaines en Inde (Nord et Sud) , breton suisse, qui nous donnent qq tuyaux.
Das qui nous accueille, nous propose des excursions, certaines sont bateaux, on choisit la formule rickshaw avec 4h jusqu’au Species Garden etc. Pancho sur la tête, on part en ville, bien décidé à l’affronter même sous la pluie. Petite ville (2 rues) mais hyper animée, même sous la flotte, ça grouille de partout. On se fait plaisir en achetant du chocolat fait-maison (moyen au gout) et du thé en pagaille dans une outlet boutique. Il y a plusieurs vendeurs d’épices, on a envie de remplir nos sacs de toutes ces bonnes odeurs.
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Munnar, parc, et train
cap en montagne et sur les collines de théiers

Dimanche 21 novembre : aujourd’hui c’est la fête au temple, ils parlent de « festival » , musique à fond, tout le monde descend en ville, bien habillé, surtout les enfants, il y a plein de petits stands de babioles, ustensiles de cuisine, jouets, des affiches et des tableaux kitch dans toute leur splendeur. Le matin, nous partons en rickshaw pour 4h de balade autour de Munnar***. La route est défoncée et nous sommes drôlement secoués la dedans. On visite avec un guide très calme le jardin des épices. C’était vraiment très intéressant, nous avons appris plein de choses sur les plantes : café, vanille, cacao, clou de girofle, muscade, racines de gingembre et de curcumin, cardamome etc. On poursuit et on descend dans une vallée de thé voir une belle cascade, puis le barrage qui sert à faire l’électricité, point de vue sur toute la vallée. Le temps n’est pas vraiment au beau fixe et il commence à faire faim ! On stoppe à 13h en ville cette belle et sportive matinée. 400rp les 4h, ça les vaut bien. Nous avons été contents.

On pousse après un repas rapide dans une cantine indienne, jusqu’au musée du thé*. Un rickshaw nous demande 200rp a/r ! On trouve ça excessif alors que l’on paye 20rp pour aller à l’hôtel et la distance nous semble pourtant la même voir plus courte. Le petit air frais de Munnar nous donne des ailes et on s’aventure hors ville à pied. En 2km peut-être nous y somme et la visite se fait rapidement d’autant plus que les explications autour des machines se fait en anglais indien ! Bref, on ne comprend pas grand-chose ! Toute une chaine d’ancienne machine tourne en démo, hachage, fermentation, oxydation, séchage, tamisage. Un thé excellent est offert à la fin avec évidemment une boutique. On voit des photos de groupe des anglais qui ont créé à l’époque l’exploitation, fin 1800 début 1900. Désormais Tata a racheté l’ensemble des exploitations, il offre le logement, l’école, la crèche, la nourriture pour les enfants et certainement un tas d’autres choses à ses employés. Mais c’est un dur travail, surtout pour les femmes à ramasser les feuilles à la main pour qq roupies par kilo soit 40rp/jour. Plus elle ramasse  les jeunes pousses + le thé sera gouteux. 
Retour à pied, petit bain de foule autour du temple et ravis de prendre l’apéro au Cottage et une petite douche chaude.

Lundi 22 novembre : Belle surprise ce matin, soleil !! Tout change, tout à l’air beaucoup plus beau c’est génial ! Nous avions justement prévu un trekking avec l’office du tourisme dans les champs de thé***, ça va être super bien, nous avons 3h, je regrette un peu de ne pas avoir pris 6h comme on voulait au début, mais le temps humide nous avait rendu plus raisonnable. Tarif 300rp chacun. John, est notre guide perso, il parle bien Anglais. On part sur les chemins des plants de thé de partout, des femmes au loin le ramasse, on les entend d’ici bavarder. Toutes les femmes dans le monde sont les mêmes. Elles tchachent !
On croise des « sulfateurs », le bidon dans le dos, toute une brigade. Thé pas très bio. Mais c’est un traitement contre la cochenille. On grimpe tout en haut d’une « montagne » montée glissante dans les hautes herbes. Luc en profite pour nourrir une petite sangsue ; premier contact pour lui.
D’en haut, vue sur toute la vallée et puis sur les montagnes et le sommet le plus haut, la montagne «à tête d’éléphant». Dans les chemins nous évitons d’énormes paquets fibreux, ce sont des cacas d’éléphants. Notre guide nous dit qu’ils sont sauvages … est ce bien vrai ?? Mais il est temps de vite rentrer, la pluie menace, le ciel bleu a laissé la place aux nuages noirs.
On finit les 5 dernières minutes sous la pluie. Nous déjeunons dans un resto « chic » ou l’on retrouve les bonnes manières occidentales. En revanche c’est un peu moins bon, le poulet sweet and sour ne nous a pas convaincu. Après-midi pluvieuse se passe devant la TV les star movie et on se prélasse dans un bon lit (car enfin un lit qui ne nous dégoute pas).
 
Mardi 23 novembre : départ 6h30 pour Pollachi. On part à l’aventure car impossible de réserver une maison dans les arbres dans une des plus fabuleux parcs (parait-il), le Parambikulam Tiger Reserve. Peu de renseignements aussi dans nos guides alors on verra bien mais ça ne m’enchante pas.
La route en bus est de nouveau magnifique, même plus jolie que pour venir. On monte encore en altitude par la forêt et puis encore des vallées, des vallons de théiers. Des cascades, des torrents, la route serpente, la vue est belle, beaucoup de forêts aussi ou il doit y avoir des éléphants. Je scrute mais je ne vois rien pourtant des anglais en ont vus, alors c’est donc vrai !
Ça reste une route de montagne alors les virages, les ravins, les véhicules qui ne se croisent pas, le bus qui manœuvre dans un virage à épingle, ce n’est pas vraiment rassurant. On traverse de mignons petits villages, il y a des fleurs de noël sur le bord de route (enfin des arbres carrément). On voit des femmes partir ramasser le thé, une sorte de blouse en plastique autour du ventre et le sac à thé dans le dos retenu par le front. Elles sont joyeuses, les enfants bien propres attendent le bus scolaire.
Une fois en plaine, on traverse une réserve de tigres, il y a des panneaux d’interdiction de s’arrêter, mais on voit surtout des paons. Rien d’effrayant !
On arrive à Pollachi, le bus est bondé mais on réussi à s’extirper.
Hôtels complets, ville pourrie, pas d’info pour le parc. La chambre d’hôtel que nous avions réservée est typiquement sale, pas envie de rester. La réceptionniste accepte de nous aider et téléphone pour la cabane dans les arbres. Elle raccroche en disant que c’est ok pour 1500rp et taxi 1100rp. On prend ! Trop contents de partir d’ici. La voiture taxi est une ambassador ! Génial. Et on part tout guillerets et confiants. Mais l’Inde nous rappelle que rien n’est acquis. Après 1h15 de route à la fin défoncée qui monte en haut d’une colline, le garde nous explique « impossible dormir tout réservé pour délégation, il faut repartir à Pollachi ! » Mais il est fou lui !!
On insiste, le taxi veut plus d’argent, on tourne en rond, le garde part téléphoner, 4km plus bas pour demander l’autorisation de nous loger. Ok pour une nuit seulement, finalement ce sera 2500rp !!! ça ne nous dit pas comment on fait demain si on veut visiter le parc pendant la journée mais on prend encore.
Le garde nous dit tout et son contraire, difficile de le comprendre. On note qu’il y a un trek de 8h à 16h (ouf, c’est beaucoup) et puis finalement il dit 2h uniquement, le matin de 8h à 10h… mouhai.  Le bon coté des choses, on pourra repartir vite à Pollachi et enchainer sur Coimbatore ou il y a + d’hôtel. Le parc qui nous faisant tant envie nous déçoit déjà.
Comble de notre déception, notre grosse maison dans les arbres cache une chambre hyper humide, mais c’est rien de le dire, il faut le vivre pour y croire ! Oreiller, matelas, draps, tout est mouillé, et il n’y a pas de serviettes.
Pour diner, il y a une cantine de misère à l’entrée, rien de vraiment prévu pour accueillir le touriste. En fait, on est seul, le parc doit être réellement fermé au public. Luc est au bout du bout ! Il baptise notre chambre dans les arbres « la champignonnière » ce qui tourne à un long fou rire, un peu nerveux, devant l’inimaginable de cette situation, pour laquelle nous nous sommes battus toute la journée, en plus !! Moi, je m’endors comme un bébé, je suis hs, et puis calfeutrée dans mon sac à viande, le blouson sur l’oreiller, le jeans sous les fesses, je ne sens plus l’humidité.
 
Mercredi 24 novembre : il a plu une bonne partie de la nuit et encore ce matin. Difficile d’imaginer un trek dans ces conditions surtout que Luc ne parle plus d’y rester une nuit supplémentaire alors que les murs en bambous continuent de s’imbiber d’eau, mais plutôt de partir vite !
Le bus est à 9h30 mais à 8h45 nous sommes déjà en place à l’arrêt. Adieu la jungle, les animaux, le trek !  Evidemment la pluie s’arrête à ce moment là, ce qui me fait un peu regretter de ne pas rester. Tous ces efforts pour repartir sans avoir vu qq vrais animaux sauvages (au moins un éléphant, je ne parle pas de singes et sangliers qui nous tournent autour). Le bus de la Liberté arrive. Il est bondé mais on s’enfonce quand même dans l’allée, coute que coute. Une bande de jeunes lycéens sont en retour de voyage scolaire, sympa et plein de vie, curieux, ils veulent nous parler, prendre des photos, posent des questions. On n’a rien vu de la descente du parc, on est entassé dans cette boite de tôle infernale, qui frotte et fait un bruit terrible quand elle touche les bosses. Luc est encore à l’épreuve, debout avec un gars qui aime ses yeux bleus. 1h30 dans ces conditions, on ressort à Pollachi lessivé. On enchaine avec le bus pour Coimbatore, une autre boite à secouer pendant 1h10. Coimbatore semble bien confus, beaucoup de circulation, il faut pourtant la traverser pour prendre un autre bus pour Mettupallayam. Vision cauchemardesque, notre chauffeur n’hésite pas à rouler sur un pauvre chien qui se grattait avec acharnement et qui n’a pas bougé malgré les coups de klaxon. Nuit à l’hôtel Nanda Lodge réservé en face à la gare routière (875rp). Une bonne surprise, un séchoir formidable, tenu par un chrétien sympa.
 
Jeudi 25 novembre : Levée matinale, très matinale 5h30 pour prendre le train à vapeur direction Ooty en montagne***.
Je titube un peu en traversant la gare routière pour rejoindre la gare. Est-ce le poids du sac à dos, le sommeil qui m’engourdit. Il fait encore sombre.
Nous sommes entassés dans la seconde classe alors que la première est gardée pour la nouvelle classe moyenne indienne.
La taille des sièges correspond à la longueur de nos cuisses, nous sommes droits comme des i ! La loco arrive toute fumante et rugissante, elle se place à l’arrière, elle va nous pousser.
Au démarrage, on sent bien la poussée de chaque bras de fer, ils battent la mesure et nous nous balançons d’avant en arrière comme les têtes de chien à l’arrière des voitures. Tout le monde bouge en cadence involontairement ou non ! Tchou tchou, on entend que le moteur accélérer les bras vont de + en + vite, enfin pas trop vite quand même. Défilé de ponts, de montagnes boisées, beaucoup de cascades, on s’élève petit à petit. On traverse des tunnels bruyamment. Le train fait régulièrement des pauses pour recharger en eau, les mécanos resserrent les boulons, tapent sur la mécanique avec un marteau, il semble que qq chose ne fonctionne pas bien, un autre arrose abondamment le système d’huile. On en profite pour se déplier et marcher un peu, on se restaure et on observe les singes qui semblent affamés mais à mon avis, ils sont surtout cupides … et moches, et agressifs. Le paysage change avant d’arriver à Coonor, vallées de théiers, arbres à fleurs rouge, barre de maisonnettes bleues.
A la gare, notre bonne vieille loco se détache, elle ne nous secouera plus comme un cheval au pas. La halte est longue et les indiens montent, montent … Puis le train continue à prendre de l’altitude, on sent que l’air est beaucoup plus frais. Le paysage défile : des forets d’eucalyptus, des jardins, beaucoup de serres, des cultures, des plans de thé. Les villages colorés sont accrochés au flanc des montagnes c’est vraiment joli. On arrive à Ooty 2100m d’altitude, pull et écharpe s’imposent. Ville indienne poussiéreuse. Je n’ai jamais mangé aussi vite, arrivé à 11h45 à la gare, à 11h57 on avait passé la commande après avoir pris un rickshaw pour le centre ville. Et à 12h15 on payait l’addition ! Galette dosa très bonne.
Les derniers bus pour Mysore sont à 15h, on a le temps mais on fonce quand même. Ooty n’a rien d’une jolie petite station de montagne et nous avons froid.
On trouve tout de suite un bus en partance, on saute dedans et là … on regrette d’avoir pensé qu’on avait de la chance. Vieux, archi vieux le bus, jadis grand confort, maintenant crasseux, puant et cassé ou déchiré, sièges défoncés, emplacement des têtes noirs, ventilo noirâtre accroché tous les 2 mètres au plafond. Il ne reste que de la place au fond, dernière rangée, idéale pour bien vomir notre dosa encore bien lourd dans l’estomac. Mon voisin de gauche, vieil homme en jupe blanchâtre, chemise et écharpe sale ne fait que me regarder fixement. Je garde ma veste et je mets même la capuche pour poser ma tête, l’écharpe sur le nez me permet de cacher les odeurs. Emmitouflée comme une fatma ! Luc parle cette fois de bain avec méga pastilles effervescentes à la javel en rentrant. Je crois qu’il ne sait jamais senti aussi sale. Et puis, un hammam pour bien évacuer par chaque pore de la peau.
Et le paysage alors ? Champs de thé, cultures en espalier, petites fermes, forets, on semble encore monter par de petite route. Au bout d’une heure, on fait une halte devant un petit garage. Après 3mn je revois le mécano revenir avec une clé à la main. Comme le train à vapeur, il faut resserrer les boulons du bus, oup’s.
On attaque la descente dans la foret, ravin à gauche, ravin à droite, virages en épingle, je retiens ma respiration, Luc dort.  Plus bas, la vallée est sous les nuages ou la brume mais nous sommes encore très haut. Je sens que ça va être long.
14h30 à ma montre, 9h30 en France, les parents sont aussi en route, la voiture chargée pour s’installer dans leur nouvel appartement à Saint-Raphaël, c’est génial !
On traverse certainement une réserve avec des paons, et même un beau singe blanc « angora » avec le visage noir et son petit accroché. Trop mignon. Et puis des troupeaux de daims, femelles tachetées de blanc et les males avec de beaux bois.
5h de musique lancinante et aigu non stop, 5h de bus crasseux, que c’est long !
On part sac à dos direction l’hôtel que nous avons eu tant bien que mal à réserver par téléphone. L’entrée est en travaux, grande façade en verre pas très engageante. Peu rassurée. On visite 1 ou 2 chambres … vraiment pas terribles mais fatigués, il est 6h du soir, on décide de s’y poser quand même pour la nuit. Mais impossible pour moi, ça pu le moisi, c’est la déprime. On part direct en chasse d’un autre hôtel mais nous avons laissé 1000 rp de dépôt et nos sacs dans la chambre. A qq mètres, un hôtel du guide du routard = tout un autre monde, je croise les doigts pour qu’une chambre soit libre. Yes ! Tant pis pour les 1000rp mais je veux dormir là ! En plus c’est moins cher, au chiotte l’hôtel du lonely planet. Luc négocie quand même fifty fifty et on se tire tout heureux de cette chambre pourrie après qq énervement à la réception.
Rien à voir, la chambre sent bon, le mobilier est chaleureux et neuf, la salle de bain est correcte. Bon faut pas regarder les portes, la faïence ou les draps dans le détail, y a toujours des traces, c’est l’Inde !

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Au choix :
thé noir (3 grosses pousses)
thé vert (3 moyennes pousses)
thé blanc (la feuille n’est pas encore ouverte
C’est évidemment le + cher et le + rare
Mysore
L'extraordinaire palais des 1001 nuits

Vendredi 26 novembre : Nous sommes à Mysore avec 3 jours d’avance sur notre road book ! Mais cette fois, on se pose jusqu’au jour de l’avion retour, nous nous sentons bien ici. Fini la baroude, nous avons assez.

Allons plutôt visiter le palais de Mysore*****. Magnifique, indescriptible ! Palais des 1000 et une nuit. Photos interdites mais peut-être aussi ce qui préserve la magie des lieux. Un bémol : il faut quitter encore les chaussures.
Les salles rivalisent de beauté et ce qui est très appréciable nous avons un audio guide en français. On s’attarde alors que des groupes d’écoliers semblent défiler à toute vitesse. On voit aussi toute sorte de gens, des tibétains au crane rasé et tunique rouge bordeaux, des musulmans, des hommes étranges habillés de noirs, barbus, les nouveaux indiens riches ou très kitchs, des visages népalais. Nous avons l’impression de faire le tour de l’Inde en même temps.
Dans l’enceinte du palais un temple ouvert aux photos (fait rare) au nom de Lakshmi****. Tout petit, voir cosi, hyper décoré, j’aime beaucoup l’atmosphère qui y règne.  Une maman est venue bénir sa petite fille, pour l’occasion elle a les yeux cernés de noir. Etrange regard pour cette toute petite fille.
Après une pause déjeuner avec un thali du nord (meilleur que celui du sud) on se baigne dans une autre atmosphère … le marché*** immense installé dans un bâtiment de l’époque coloniale, avec des colonnes et des décors belles époques. Etales débordantes de légumes, de qq fruits, gamelles, fleurs en vrac ou tressées, poudres colorées, encens et huile essentielle. Les commerçants nous abordent gentiment. Toujours des vaches dans la rue, des mendiants, un pauvre ivrogne le bras bandé avec des mouches dessus est vautré au sol. Vendeurs de bananes, de colliers de fleurs au mètre.
Mysore est une ville à part de toutes celles que nous avons vu. Elle a de grandes rues, de grands trottoirs, c’est presque propre, il y a des parcs, de grands et anciens palaces souvent décrépits, d’anciens bâtiments coloniaux avec des colonnes, des toits en tuiles et des charpentes en bois, bordent les rues. Il y a une grande rue de magasins de vêtements modernes et saris, nous sommes même entrés dans un supermarché.
 
Samedi 27 novembre : Bus 201 (10rp) pour aller sur la colline de Chamundi**. Gare routière non boueuse, un bus de ville presque neuf, nickel ! Quel contraste. En face de nous, une indienne à la peau claire et yeux clairs.
La colline ne casse pas des barres. Encore de petites échoppes à bondieuserie. Une foule en file indienne pour entrer dans le temple et … et … les chaussures à quitter ! Ras le bol, pas motivée. C’est Luc qui me pousse. A à à la queue leu leu !!! On se fait bénir par un original avec sa timbale. On observe encore une fois la ferveur indoue, ça ne traine pas. Circulez, circulez, crie une femme qui fait presser les fidèles devant l’autel. Ils ont à peine le temps de passer la main sur le feu, boire une cuillère d’eau et s’en asperger la tête, et surtout lâcher un billet et les offrandes vite déposées devant l’idole. Certains veulent se coucher au sol, se prosterner mais il faut circuler ! Les brahmanes tors nus ne semblent pas rigoler et encore moins éprouver de la compassion. En partant nous descendons les marches jusqu’au Nandi (taureau de Shiva). Et nous attendons un bus assis sur un muret au soleil, fatigués et affamés. On en oublie sur place le guide du routard. Merdum. Il y avait l’adresse de Fabienne pour lui rendre le chargeur et Elisabeth de Pondichery.
Nous finissons la journée face au spectacle du palais de Mysore illuminé*****. Il ne faut pas rater ça, c’est vraiment incroyable, époustouflant. Vive Mysore !!!
 
Dimanche 28 novembre : comme on n’a rien de spécial à faire, on se laisse entrainer par un rickshaw dans les fabriques d’encens, de sculptures de bois et magasins de soie et de patchwork. Mais nous ne trouvons rien d’intéressant. L’après midi se passe sous la pluie sous la couette ! Le soir nous nous offrons un bon resto  « le tiger » dans un hôtel de standing, le métropole. Le cadre est beau et propre, on se prend un cocktail. Luc prend un poulet argenté et moi du kafta d’agneau hyper épicé ! Les plats épicés les épices et les sauces, le riz et les naans, on  sature vraiment.
Enfin nous rentrons à pied, donc de nuit, le long de l’avenue des boutiques de vêtements. C’est calme, et on ne se sent pas en insécurité. On double un indien avec sa famille vraisemblablement un musulman, il nous gratifie d’un « hello » avec un large sourire, c’est ça aussi l’Inde. Sympa.
 
Lundi 29 novembre : après une bonne nuit de sommeil réveillée à 7h du mat en pensant « dernier jour, dernière culotte, et puis valise et aéroport ! »
Comme par hasard aujourd’hui le ciel est bleu, le temps ensoleillé. Le beau temps va peut-être commercer en Inde du sud (alors que c’est toujours la mousson dans le nord).
On n’est pas en retard sur le timing, arrivée 1h à l’avance à la gare de Mysore. Puis nous arriverons 7h30 à l’avance à l’aéroport de Bangalore.
Dernier beau voyage en train, d’abord jolie gare entretenue de Mysore et puis 3h de beaux paysages de rizières en léger espalier très bien dessinés, des champs de gingembre (on sait les reconnaitre maintenant), de canne à sucre, des cocotiers, etc. Le train en classe AC 2/3 est confortable et on fait le voyage allongé, on sait que la nuit va être longue et que la position allongée va nous manquer dans l’avion.
L’arrivée à Bangalore se fait en nocturne, gare immense avec au moins 8 à 10 quais. La sortie se fait brutalement au beau milieu d’une population dense qui te croise et te bouscule, avec une circulation compacte sur 2 ou 3 voies. De l’autre côté, la gare routière, on se demande comment la rejoindre pour prendre notre bus pour l’aéroport. 
On marche avec nos gros sacs à dos, heureusement de sympathiques indiens nous indiquent le souterrain pour traverser. Qu’est ce qu’ils peuvent être parfois touchants, surtout quand ils sont sincèrement désintéressés. En demandant à droite à gauche, on trouve notre bus prêt à partir. C’est quand même incroyable mais à chaque fois que nous avons eu un bus à prendre sans connaitre les horaires, nous n’avons jamais attendu ! (pas + de 5mn et souvent il était déjà là, nous n’avions qu’à attendre dedans). Voilà un super bon point de facilité pour les routards.
 40km = 1h de trajet et on découvre un aéroport flambant neuf. On espère bien y trouver resto et de quoi nous occuper d’ici 4h du mat… La loose ! Nous sommes coincés dans la première partie avant l’enregistrement des bagages, sans magasins et uniquement un café coffee day ouvert jusqu’à 1h du mat.

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