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Récits > ASIE > Birmanie 2015

Kyaukme
2 jours d'immersion dans un village Palaung


Depuis Mandalay, notre bus prend la direction du Nord-Est et de l'altitude sur des routes de montagnes impressionnantes.
Nous respirons enfin de l'air "pur" dans le gros village de Kyaukme et préférons largement ce genre de destination plus rurale.

Mais ce n'est rien par rapport aux 2 jours passés avec notre guide Thura dans les montagnes de l'ethnie Palaung, cultivateurs de thé.

La journée commence au volant d'un bon scooter (avec de bons amortisseurs), Luc fait le chauffeur, Sandrine collée derrière (sur les recommandations de Thura). On comprendra plus tard pourquoi, vue l'état de la route, il faut s'accrocher et "faire corps". En attaquant la montagne la route est en travaux et elle devient poussiéreuse et chaotique, puis il faudra suivre sur des chemins de terre aux énormes ornières.
Pour nous, c'est une double immersion ; chez l'habitant dans une famille Palaung, et tout en anglais car nous sommes accompagnés de Gustave (suédois) et Adriana (américaine). Thura parle pourtant français, mais l'expédition se fera dans la langue de Shakespeare.

Quand nous sommes encore dans la plaine, nous nous arrêtons au marché pour acheter quelques légumes pour notre diner puis dans une petite fabrique de papier de bambou. Plus loin la route longe des rizières et des buffles trempent tranquillement dans la rivière. On dirait une carte postale. Au fur et à mesure que nous montons, les flancs de montagne se couvrent de bambous, d'arbres puis d'arbustes à thé soigneusement taillés. Alors que la route est en cours d'agrandissement, nous pouvons voir les goudronneurs qui vivent sur le bord dans des cahutes de bâches en plastique bleu pendant que dans la journée ils travaillent à l'ancienne : tailleurs de pierre directement dans la roche sur place, goudron chauffé au bois dans les tonneaux. Ils vivent dans la poussière et le bruit, difficile d'imaginer un travail plus pénible.
Entre la poussière qui s'envole derrière chaque véhicule et le sol recouvert de pierres, nous ne sommes pas ménagés, le parcours en moto est loin d'être une balade.
Quand nous quittons enfin la route pour un chemin de terre, nous traversons des villages aux rues en terre battue et aux maisons en bois. C'est l'occasion de s'arrêter dans une école où les enfants sont en pose déjeuner. Ils jouent dans la cours en attendant le retour des maitres d'école et notre présence semble beaucoup les amuser. Ils ont le contact facile. Thura nous fait signe qu'il est temps de partir manger, il est  quand même 13h et nous avons la dalle ! Au menu salade de feuilles de thé fermentées, la spécialité de la région et un riz frit.
Chargés de notre petit sac à dos, nous attaquons une petite marche digestive, bien raide au milieu des champs de thé jusqu'au sommet d'une colline. D'en haut nous avons une vue panoramique sur toutes les montagnes environnantes. Thura, nous pointe du doigt une autre colline juste en face, c'est le village dans lequel nous allons dormir.
Nous y arriverons juste avant la nuit avec nos scooters que nous avions repris après le trek. Le chemin est tellement défoncé que ce village n'est accessible qu'en 2 roues. Pas de voitures, pas de camions. Donc pas un bruit, le calme absolu, trop génial. Les villageois utilisent des petits chevaux pour transporter leurs sacs de thé ou leurs fagots de bois, les enfants jouent dans la rue, et les chiens dorment tranquillement. Nous sommes accueillis par une famille Palaung dans leur grande maison en bois sur pilotis. "Mai Comme ça = bonjour" La salle principale à l'étage sert de cuisine, de salon et ... de chambre d'amis. Le patriarche est assis par terre devant le feu de bois allumé à même le sol, au centre de la pièce et il nous invite à en faire autant. Sympa mais nous nous faisons enfumer généreusement, nous toussons, les yeux nous piquent et pleurent, en revanche ça n'a pas l'air de déranger les habitants. Ils sont habitués, eux. La soirée s'écoule comme autour d'un feu de camps mais à l'intérieur, tous assis à même le plancher autour du feu, la gamelle qui chauffe au centre et les verres d'alcool de riz qui tournent. D'un coté, heureusement qu'il y a le feu pour réchauffer l'atmosphère car il fait vraiment froid dehors et nous ne risquons pas d'avoir des moustiques. Bref, on oublie la douche, et on se couche rapidement sur de fins matelas. Cachés sous d'épaisses couvertures nous essayons de nous réchauffer. Demain, nous nous réveillerons fumés comme des saucisses de Morteau ! C'est rude la vie de Palaung, nous ne ferions pas ça tous les jours !
Le deuxième jour, nous respirons de nouveau le grand air dans une grande balade à pieds jusqu'à d'autres villages voisins. La marche est agréable au milieu des théiers. Thura nous amène jusqu'à la rencontre d'une ethnie du Népal, venue avec les anglais lors de la colonisation. Ils sont ensuite restés là mais ils ont gardé les traditions culinaires et religieuses de leur pays d'origine. Nous sommes invités à boire le thé dans leur maison, qui est encore plus modeste que celle dans laquelle nous avons dormi. Elle est de plein pied sur un sol de terre battue. Il n'y a aucun meuble à part l'autel indou. L'accueil est chaleureux et souriant.
Plus loin, Thura s'arrête chez un chasseur de sanglier qui vit isolé. Ce sera l'occasion pour Luc d'essayer un fusil de fabrication artisanale. Il ne sera pas déçu, assourdit par le bruit et enfumé par la poudre à canon au moment du tir.
Cette parenthèse "guerrière" contraste avec l'atmosphère paisible qui se dégage tout le long de cette journée. Nous sommes vraiment marqués par la tranquillité qui règne dans les villages que nous traversons. En ce moment, l'unique occupation qui semble mobiliser tout le monde est la préparation de la fête qui aura lieu à la pleine lune pour marquer la fin du froid. Ce soir là, ils allumeront un grand feu avec un bois qui a la particularité d'être blanc quand on enlève l'écorce. Alors chacun prépare son bâton, femmes, enfants, hommes le pèlent, le lissent, le polissent pour qu'il soit le plus beau. Dommage que nous ne soyons pas là pour assister à la fête.

Mais il est déjà tard, il faut rentrer. Le retour se fait de nuit sur nos scooters par la même route. Elle semble interminable, surtout que nous sommes saisis par le froid dés que le soleil se couche. Enfin, nous ne regrettons pas cette escapade qui semble avoir été plus un voyage dans le temps qu'un trek dans la montagne.


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Ci-dessous la vidéo du tir au fusil local ...

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