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RECITS > AFRIQUE > Ethiopie 2019









Au Nord,
Plus Près Des Scieux
HISTOIRE ET LEGENDES










Tour dans le Nord
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On se donne 4 semaines pour boucler notre parcours en transports locaux…. Et on va être servi ! Et c'est reparti pour un grand tour ! Et pas des moindres puisqu'on l'appelle la route historique. Après la découverte des peuples du Sud nous allons sur les traces de l'arche d'alliance de la reine de Saba et de la seconde Jérusalem. Comme d'hab. départ à 5h du mat de Addis Abeba en bus de la compagnie Abesha (comme la bière) pour une première étape à Déssié. Le bus est confortable. Le paysage change du Sud, la palette de couleur est plutôt jaune avec qq touches de verts. C'est toujours très vallonné. Le blé et le tef ont été fauchés. On sent que la nature est plus sèche ici. La ville de
Déssié est un gros "bor..l", étalé le long d’une falaise, vue sur les plaines et les maisons de terre aux toits en tôle. L'hôtel souhaité est complet, heureusement à côté la guesthouse Segelene est nickel, seul le petit dej, local, n’est pas à notre goût.

Marché de Bati
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Cette étape nous permet d'aller hors du circuit classique. Dès le lendemain nous prenons un minibus entassés avec les locaux pour le marché de Bati du lundi à 1h30 d'ici. Pour moi c'est l’enfer. Le mal des montagnes ne me lâche pas, la route tourne dans tous les sens c'est la tête dans un étau et l’estomac
à l’envers que j'arrive quand même à me rendre compte que la route est sublime. Dès que je remets pieds au sol, mon estomac se vide lamentablement sur mes chaussures au milieu des gens effarés à l’entrée du marché ! Voilà ça c’est fait, les idées plus claires, on commence à zigzaguer entre la foule et les bâches en plastiques bleues. C'est le deuxième plus grand marché du pays après le Merkato d’Addis. Les Afar sont là avec leurs dromadaires, les femmes Oromo et Amhara vendent leurs oranges et bien d’autres petites productions de légumes. On trouve du gros sel en vrac et différentes graines de café.  Une potence se dresse au milieu. On nous laisse déambuler tranquillement. Seule une femme jette son sel à la figure de Luc, refusant d'être prise en photo. Tant que ça ne finit pas sur l’échafaud, il l'a échappé bel !
Malheureusement le calvaire des voyages en bus ne finit pas là.
Le salaire de la peur
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Prochaine étape Lalibela et le seul bus direct est une vieille carcasse, départ encore à 5h du mat dans une gare routière plongée dans le noir. On s’entasse encore. A notre surprise en suivant sur Maps.me il ne prend pas la grande route mais il traverse les montagnes ! Je me dis que notre vie est entre les mains du chauffeur, sur les pistes sinueuses et boueuses. Ha oui la vue est vertigineuse, ça me fait penser au salaire de la peur !!! Luc surveille sur sa montre on fait le yoyo de 2400m d’altitude on descend jusqu'à 600m puis on remonte sur des hauts plateaux pendant que ma tête tambourine encore. Houhai c'est beau mais la vache c'est interminable. Apres 6h de secousses
pause déjeuner dans un bouiboui. Reste plus que 4h de route, allez courage ! Remontés sur les hauts plateaux nous avons la chance de voir nos premiers singes geladas comme une récompense. Lalibela, ville sainte des chrétiens orthodoxes, je crois que nous avons fait notre chemin de croix pour y parvenir !










Lalibela la Jerusalem
MYSTÈRE FIGÉ DANS LA PIERRE








Lalibela
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Nous ne sommes pas au bout de nos surprises à Lalibela et elles sont toutes bonnes.
D’abord je m’attendais à une grande ville touristique étant donné sa réputation. Il n'en est rien. Au contraire c'est encore comme un gros village très étendu en quartiers sur différentes crêtes avec 3 sites principaux d’églises creusées à même la roche. Nous passons facilement et librement (très important pour Nous, sans guide obligatoire) des uns aux autres par des chemins de campagne ou des routes pavées. Le ticket d'entrée est général et valable 5 jours, de quoi se sentir comme chez soi.
On a beau avoir vu des photos, la sensation de marcher seul dans les passages creusés dans la roche comme des couloirs reliant les églises les unes aux autres, passer un trou ou monter des marches et se retrouver nez à nez avec la façade de l’une d'elle est absolument unique.
 
La terre est rouge ocre comme l’Esterel et quand les rayons du soleil font des ombres à travers les étroites fenêtres en forme de croix, on sent un esprit qui veille sur les lieux. Partout, dans les coins, dans la pénombre, assis sur une chaise des prêtres en blancs avec la croix orthodoxe prient.
Le premier ensemble que nous avons visité (la véritable Jerusalem) nous a trés impressionné avec ses multiples églises mystérieuses. Je dirai quand même que l’ensemble Sud-Est (la Jerusalem céleste) qui est plus modeste, offre ses surprises et fait encore plus ressentir le travail colossal de ces
hommes du moyen âge éthiopien. Ils ont creusé à même le sol dans la terre faite de roche volcanique jusqu'à 11m de profondeur pour cacher leurs églises du regard. Et ils ont évidé l'intérieur et taillé des colonnes, des voutes, et des pièces qu’ils ont décorés. Nous apprécions le calme des lieux et la rencontre, lors d'un shiro au café resto Roha, avec Makeda donne un peu de fantaisie et de partage à notre séjour. Elle est métisse franco éthiopienne. Elle travaille dans ce pays pour les émissions comme "un train pas comme les autres" Rhoooo je suis trop fan ! Après qq bières avec vue imprenable sur le coucher de soleil, la soirée se poursuit et on se fait un programme.  Elle nous apprend que le lendemain c'est la fête Annuelle de St Mickaël (église du groupe nord ouest) avec prières toute la journée, afflux des croyants et processions du tabot (réplique de l’arche d’alliance) qui ne sort qu’à cette occasion. Wahou rien que ça ! Encore faudrait-il qu'il ne pleuve pas.
La planète ne tourne pas rond, le climat est détraqué.  Normalement la saison des pluies est terminée depuis longtemps.  Malgré tout elle perdure. Ce qui pourrait poser de gros problèmes économiques alors que nous sommes en pleine période des récoltes. Tout pourrait moisir malheureusement. Voilà notre procession tombe à l'eau…

Nous assistons quand même sous la pluie au rassemblement de nombreux fidèles qui  ne se sont pas découragés, tous en blanc vêtu, chants danses et prières au son du tambour.
Espérons qu’il fera meilleur demain, une belle rando est prévue…
Rando près du ciel et de Dieu
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Hahahah le ciel étant encore menaçant, nous avons simplifié la rando pour atteindre le sommet plus rapidement, et franchement c'était une bonne idée ! En compagnie de Fantao, le guide que nous a présenté Makéda, nous prenons un tuktuk qui veut bien nous transporter jusqu’au parking du monastère Ashetan Maryam qui serait le premier édifice religieux de Lalibela. Il est perché à 3100 m. La rando depuis Lalibela aurait été difficile mais possible. C'était quand même plus marrant de monter en tuktuk entassés à l'arrière sur la piste défoncée par les pluies et gorgée de boue. Le driver est bon, il fait des glissades dans la boue, passe des obstacles, son tuktuk « 4x4 » passe partout malgré le moteur qui rugit sous l’effort. Jusqu'au moment où l’on s’embourbe vraiment ! Alors tout le monde descend et il faut pousser ! Et c'est reparti !
On a bien fait 45mn de montée, comme c'est jour de marché nous croisons un bon nombre de paysans qui descendent à pieds à Lalibela chargés de leur production à vendre. Fantao nous assure qu’ils viennent de très loin, de plusieurs heures de marche. Ils sont vraiment courageux. Depuis le parking il reste une courte marche le long d’une falaise sur un petit sentier au bord du vide. La vue est magnifique. On passe à travers une petite grotte (que sans le guide on n'aurait jamais eu l'idée d’approcher) entrée discrète et en haut d'un enrochement pas facile à gravir. On tombe face à face avec une vieille porte en bois… celle du monastère. Après avoir quitté nos chaussures nous pénétrons dans la pénombre, sur les tapis, l’intérieur est sombre et creusé dans la roche. Une roche grise bien plus dure que celle de Lalibela qui est de couleur ocre. Le prêtre nous reçoit et nous présente les icônes en bois et un parchemin plié en accordéon. La récompense c'est surtout la vue sur toutes les vallées de
Lalibela jusqu’aux massifs montagneux. La brume et les nuages jouent avec nous, cachent et dévoilent le sommet de Abune Yosef.  Ça donne un petit côté mystérieux et fantastique.  
On fait quand même la redescente à pied, et elle fantastique ! D’abord parce que c'est moins fatigant que de monter (héhé vous l’auriez deviné !). Et puis on est toujours face à la vue splendide et plongeante et on traverse une campagne superbe, faite de toukouls (maisons en terre) de petits champs de blés et d’orge, nous découvrons la vie rustique des montagnards éthiopiens.
Fin du trek au resto Unique que l’on conseille vivement, on a l'impression d'être dans une taverne, les peaux de vache accrochées au mur et la patronne est vraiment rigolote ! Bien sûr on s'est régalé aussi, pour changer du poulet frit appelé chicken picanto et pizza !!!!
Nous quittons Lalibela avec un peu de regrets maintenant que nous avions nos petites adresses de resto, de point de vue sur le coucher de soleil et surtout nos nouveaux amis Fantao et Makeda. Je garde quand même qq moins bons souvenirs qui sont les nombreuses piqûres de puces que j'ai certainement attrapés sur les tapis des églises et qui me démangent encore !
On the road again...
 
jusqu'à Woldia vers 11h. Changement pour un minibus tout aussi blindé et après de âpres discussions sur le prix des bagages comme au départ de Lalibela. Route asphaltée, musique locale à fond. Re-changement non prévu à la gare routière d’Alamata. Alors qu'on avait réussi à avoir de bonnes places, on s’esquiche sur la banquette avant pour ne pas finir à l’arrière. Le véhicule passe de nombreux contrôles de l'armée, il faut descendre montrer les papiers, fouille des sacs et fouille au corps ! Il se trouve qu'un gars dissimulait un pistolet dans le dos coincé sous sa ceinture comme dans les films ! Va savoir pourquoi après un moment de haute tension avec les militaires, il est remonté, armé comme au début. Nous partageons toutes ces misères avec 2 autres routards, Gérard et Jean Luc. L’air de rien ce partage permet de se sentir moins seul et allège la galère ! Ça crée vite des amitiés dans ces moments-là aussi. Enfin clap de fin vers 17h30.
 
Le bus du routard
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J'appréhende le trajet jusqu'à Mekele, ayant été déjà bien malade dans les bus précédents. Makeda nous prévient que ça va être rude ! C'est encore le parcours du combattant.  Sans trop savoir c'est parti ! Gare routière à 5h30. Départ dans un bus bondé et déglingué à 6h15. Piste de montagne défoncée par les pluies. On prend encore de l’altitude jusqu'à des hauts plateaux à + 3000m, brume mais aussi de superbes paysages encore, avec vue sur les vallées les chaînes de montagnes et toujours les virages sans garde-fou










Le Désert Du Danakil
TERRITOIRE DES NOMADES AFAR










Une journée à Mékélé
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Ouf ! Un jour de pause bien mérité à Mékélé. C'est la bonne surprise, agréable ville, qui semble plus propre, mieux rangée que toutes celles que nous avons vues, même Addis Abeba. On se relaxe dans le jardin du Parrot guesthouse et on se fait plaisir avec les salades et les jus de fruits. L'idée c'est de partir dans le désert de Danakil depuis là. C'est une région sous haute surveillance, elle est occupée par le peuple Afar. Ils ont hérité de la région la plus hostile à l'homme et dure à vivre. Ce qui fait que c'est un peuple rude et parfois belliqueux, armé et qui voudrait bien avoir sa part du gâteau dans le
gouvernement éthiopien. Ils sont de religion musulmane contrairement à la population éthiopienne majoritairement orthodoxe. Voilà pour l'ambiance ! Nous embarquons Jean-Luc dans l'aventure et nous choisissons la formule 2 jours 1 nuit sans faire le volcan Irta Ale. C’est pourtant un site majeur mais malheureusement depuis qq temps on ne voit qu'à peine et avec beaucoup de chance un peu de lave en éruption alors qu'il était autrefois une vraie fournaise bouillonnante qui valait la peine de gravir.

A -125m : le Danakil
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L’avantage de la formule 2 jours (alors que le programme peut se faire sur une grosse journée) c'est de passer 1 nuit sur place pour se rendre vraiment compte des conditions de vie. Le démarrage de la première journée est très long et laborieux. Par la suite, nous comprendrons que les formalités d'enregistrement et d'autorisation d'entrée sur le territoire sont longues. Et finalement nous avions peu d’intérêt à rester en plein soleil à 40 degrés sans possibilité d’ombre si nous arrivions plus tôt. Nous formons « une caravane » de trois 4x4, Nate américain originaire de Thaïlande se joint à nous, vraiment sympa et nous sommes heureux de le rencontrer. A Hamedela, nous découvrons notre campement à ciel ouvert, très sommaire et nous filons dans le salar. Depuis Mékélé le paysage avait déjà bien changé. On est descendu des 2000m d'où se trouve la ville jusqu’en dessous du niveau zéro.
Après une route de montagne goudronnée et agréable qui nous fait monter sur les hauts plateaux cultivés et verts, le long de maisons en pierres, très belles avec de jolis murs d’enceinte. Ici la roche et les pierres permettent ce genre de construction, mieux que les murs en terre. Cette route redescend vers la sécheresse. La végétation se fait rare il n’y a plus de cultures, on voit des strates comme des vagues sur les montagnes qui nous encadrent comme dans l'Atlas marocain. Et puis il ne reste que des cailloux et de la poussière. Les habitations sont très pauvres, seulement des piquets de bois pas trop serrés pour laisser passer l’air et des toits en récup. La seule "commodité" que nous avons pu voir, c'est une pompe à eau dont le réservoir enterré est rempli par des camions citernes de l’état.
C'est seulement en fin de journée que la température devient gérable pour nous et après avoir parcourue une 15ène de km sur la salar blanc et
craquelé qu’on atteint un bord du lac. Un gros rocher comme une île au milieu de rien marque l’endroit dans l’étendue blanche. Heureuse surprise un bassin d'eau extrêmement salée et chaude nous attend. L’expérience nous tente et elle est incroyable ! On flotte comme des bouchons, tout remonte à la surface pieds fesses jambes. On se sent léger et l’eau semble extra douce sur la peau. RELAXING moment. Le soleil décline, nos ombres se reflètent à la surface du lac comme un miroir infini. On nous offre une bouteille de vin locale, une bonne piquette pour trinquer aux derniers rayons avant qu'il se couche définitivement. Nous en rions beaucoup et ça finit en photo jumping ! Retour au camp, nous ne sommes pas déçus du manque de confort proche de zéro 😊 nous dinons vite fait le bol sur les genoux, on oublie la toilette, wc sauvage et dodo sur des lits tressés. Un ciel remplit d'étoiles nous sert de toit, il fait encore très chaud, 27 degrés environ. Franchement c'est à faire au moins une fois dans sa vie !
 


Levés à 5h il fait encore nuit mais finalement nous avons la chance d’assister au départ de longues caravanes de chameaux dès le lever de soleil.
Le lac Assal forme un immense salar qui se trouve au-dessous du niveau de la mer. Il est recouvert d’une épaisse couche de sel jusqu’à 8m de profondeur. Les Afar extraient depuis longtemps ce sel avec peu de moyen. Ils décollent à l’aide de bâtons et d’une pioche une plaque de sel qu’ils découpent en morceaux comme des briques. C'est un travail de bagnard ! Sérieux en plein soleil seulement équipés de gants de chaussettes et sandalettes. Il n'y a pas un coin d'ombre. C'est fou. Ils font ce boulot en famille de génération en génération. Le sel découpé est transporté en dos de dromadaire (jusqu'à 120kg !) et il est vendu pour la consommation animale. De retour sur le lac salé notre 4x4 roule en direction de la soufrière de Dallol, nous faisons des km en roulant sur l'eau salée dans 10 puis 20cm de haut.

Normalement c'est sec mais il a tellement plu ces derniers temps que le niveau du lac est monté. Ça doit décaper les dessous de caisse comme le bain de la veille dans le lac a séché tous mes boutons de puces. (Entre nous c'est un vrai soulagement !). Ce n'est que la matinée mais on transpire de chaud dans cette soufrière comme si nous étions dans une marmite ! C'est un décor de film fantastique, comme des coraux sans être sous l’eau (pourtant nous sommes à-125m du niveau de la mer). Le souffre sort des entrailles de la terre avec sa couleur jaune et l’odeur de boule puante. Par endroit c'est tellement concentré que ça nous pique les yeux. La variété de couleur dépend aussi de l’oxyde de fer pour le rouge rouille et de l'oxyde de basalte en vert. Fumeroles, gargouillis et grondements sortent des cheminées de souffre. Ça bouillonne juste au dessous de nos pieds, tant qu'il y a ces soupapes de sécurité, on ne risque rien, enfin, normalement !!
 


Ces 2 journées fabuleuses se terminent. Elles ont commencé lentement (Ce qui était un peu agaçant) mais finalement c’était génial. La prestation est au minimum, les repas légers et le tout sans confort alors qu’il serait facile et peu coûteux de l’améliorer. Toujours est -il quil reste un souvenir tres fort d’avoir voyagé au contact de notre terre, tout proche de l'enfer, sa chaleur, ses fumées et ses odeurs, et ses hommes qui ont une vie de labeur sans fin. Les animaux aussi ne sont pas épargnés, déjà pas très bien traités en général, plus que tout ici ce sont des bêtes de somme, chargés au maximum et leurs carcasses abandonnées sur les chemins s’ils n'y résistent pas. Soyons heureux de vivre chez nous, comme dit la chanson « on ne choisit pas ou l'on nait » et parfois c'est très dur.

 


 

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